E9 Formation, dépôt et contamination par retombées
Topique
Lorsque cette même détonation proche du sol, déjà décrite dans le deuxième modèle de cet ensemble, aspire la terre et les débris dans la boule de feu, ces matériaux s'incorporent à des particules de poussière ou de cendres qui se chargent de radioactivité : c'est ainsi que se forment les retombées radioactives. La taille de chaque particule détermine sa durée de séjour dans l'atmosphère avant de retomber, et donc la distance qu'elle peut parcourir avant de se déposer : les particules les plus grosses retombent à proximité, en quelques minutes ou quelques heures, tandis que les plus fines restent en suspension et peuvent parcourir des distances beaucoup plus importantes avant d'atteindre le sol.
Le dépôt se produit de deux manières distinctes. Le dépôt sec est la chute progressive des particules sous l'effet de leur propre poids, plus concentrée près de la source et impliquant les particules les plus grosses ; le dépôt humide se produit lorsque ces mêmes particules sont emportées par la pluie, ce qui peut concentrer la contamination sur de plus grandes distances et de manière beaucoup plus intense que la simple sédimentation gravitationnelle.
Une fois déposée, la matière contamine les sols et les cours d'eau, puis s'infiltre dans les chaînes alimentaires par bioaccumulation : chaque maillon de la chaîne concentre ce qu'il a absorbé du précédent, si bien qu'un organisme situé à un niveau trophique élevé peut finir par accumuler une contamination bien supérieure à celle présente dans son environnement immédiat. Ce modèle, qui se met en place dès l'incorporation de la terre aspirée dans la boule de feu, constitue donc la base physique qui détermine ultérieurement quelles zones nécessitent un abri prolongé, une évacuation ou des restrictions agricoles après un événement.
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